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Décryptage, sans tapage, ni rage .

Paul Rassinier - ULYSSE trahi par les siens - Complément au "Mensonge d'Ulysse"

Publié par $ax sur 23 Août 2012, 05:39am

Catégories : #histoire

INTRODUCTION

A une époque où la littérature et le journalisme

sont devenus le monopole des ratés du bac et des

métiers académiques et où, par voie de conséquence,

on compte sur les doigts d'une seule main

les écrits qui survivent à la période de leur lancement

publicitaire, il est évidemment peu commun

qu'après plus de dix ans Le Mensonge d'Ulysse soit

encore d'actualité.

A la vérité, je n'y suis pour rien : ce sont les circonstances,

— les mêmes d'ailleurs qui, voici plus

de dix ans, m'avaient décidé à écrire ce livre. A

l'époque, la littérature concentrationnaire était à

son apogée. Dans les milieux que je fréquentais,

tout le monde était conquis. En apparence, du

moins. En fait, je ne mis pas longtemps à m'apercevoir

que, dans leur for intérieur, beaucoup de

gens se posaient des questions sur les véritables

buts de l'entreprise. Sous couvert de discréditer le

nazisme, tous ces plumitifs ne se proposaient-ils

pas, tout simplement, de creuser un insondable

fossé entre la France et l'Allemagne en discréditant

à jamais le peuple allemand ? L'un d'eux, un

curé, avait même avoué crûment une haine peu

banale (1). Dès lors, il ne pouvait échapper que

c'était singulièrement compromettre l'avenir de

l'Europe et faire le jeu du communisme. D'autant

qu'au surplus, à gratter un peu le vernis, on ne pouvait

non plus ne pas s'apercevoir que tout en prenant

la précaution de déclarer qu'ils n'étaient pas

communistes, tous ces enragés ne manquaient

jamais de proclamer hautement que les communistes

étaient de grands bonshommes, qu'il n'y

avait qu'eux qui... que... etc...

Je ne sais pas pourquoi, chaque fois que ces

soupçons et ces appréhensions étaient formulés

devant moi, j'avais l'impression qu'on me regardait

avec insistance comme si on attendait quelque

chose de moi. Bien sûr, je faisais les correctifs qui

me paraissaient nécessaires, mais, je le jure, j'étais

depuis longtemps fixé sur les tribulations de la

vérité historique et je n'avais pas l'intention de

descendre dans l'arène. J'y suis descendu, pourtant.

Au bahut, c'était déjà comme ça : si la soupe était

mauvaise, c'était moi qu'on désignait pour l'aller

dire à qui de droit et ça se terminait généralement

par une colle. Plus tard, à la caserne, il n'y avait

toujours que moi et c'était plus grave : la salle de

police. On sait que pour Le Mensonge d'Ulysse,

m'étant décidé à l'écrire un jour que je m'y étais

irrésistiblement senti tenu par les termes dans lesquels,

en ma présence et comme s'adressant plus

particulièrement à moi, le colonel Rémy avait

exprimé devant un cercle d'amis, son dégoût pour

toutes les complaisances dont bénéficiait le communisme,

ça s'est terminé en cassation. Il faudra

que je me regarde attentivement dans une glace :

je dois avoir une gueule de bouc émissaire...

Ce qui est sûr c'est que cette affaire était depuis

longtemps classée dans mon esprit. J'avais gagné

mon procès, on avait dû tirer quatre éditions successives

de l'ouvrage et j'étais loin de penser à une

cinquième. Il y avait bien mon éditeur qui, depuis

deux ou trois ans, me disait de temps à autre, qu'il

recevait toujours des commandes mais chaque fois,

nous tombions d'accord que le nombre n'en était

pas suffisant pour justifier commercialement une

nouvelle édition. N'étant ni l'un, ni l'autre, des

marchands de papier, nous ne pensions pas aux

ressources de la publicité. Et surtout, nous avions

d'autres soucis.

Un jour, il nous a bien fallu nous rendre à l'évidence

: comme le fleuve de Jaurès qui reste fidèle

à sa source en allant vers la mer, les circonstances

avaient évolué à notre insu dans un sens fidèle à

leurs origines. Nous avions, certes, bien vu qu'en

dix ans l'Europe était devenue une nécessité pour

tous les hommes de l'Occident, jusques et y compris

ses plus farouches adversaires. Nous nous y

attendions même, car cela, nous l'avions prévu. Il

ne nous avait pas davantage échappé, ni que l'Amérique

n'accepterait l'Europe qu'à la condition d'en

être sacrée métropole économique, ni qu'en aucun

cas la Russie ne pourrait l'accepter, ni enfin que sa

seule chance de l'empêcher était d'en isoler l'Allemagne.

Et quel meilleur moyen d'en isoler l'Allemagne

que de ressusciter les vieilles haines francoallemandes

en partant en guerre contre le militarisme

allemand et le nazisme tout aussi inexistants

l'un que l'autre avec des arguments puisés dans la

littérature concentrationnaire ? Au moment de

l'arrestation d'Eichmann, ce fut du délire : ainsi

que le déclara le 20 juin 1960, à un envoyé du

Monde une haute personnalité allemande (dont le

nom n'a pas été révélé) le monde entier se vit offrir

de nouveau « tous les jours, au petit déjeuner du

matin, six millions — quand ce n'était pas neuf ! —

de Juifs exterminés dans les chambres à gaz ». Et

ça l'agaçait, le monde entier : d'une part, à tort ou

à raison, il avait maintenant des doutes aussi bien

quant au chiffre qu'au moyen ; de l'autre, il ne lui

plaisait guère qu'un problème pour lui — à tort ou

à raison aussi — exclusivement européen, se transformât

ainsi en problème à peu près exclusivement

israélien.

Les Allemands qu'on se mit à arrêter par

paquets de cent ou de mille voulurent éditer Le

Mensonge d'Ulysse à titre de contre-poison. Par

réaction contre les entreprises du résistantialisme

international les Américains du Nord voulurent

l'éditer en anglais et ceux du Sud en demandèrent

une édition en espagnol. Sur ces entrefaites, un

certain Benartsky écrivit dans Le Monde que j'étais

« un auteur bien connu pour mes sympathies hitlériennes

(2) » et il n'en fallut pas plus pour qu'on

voulût à nouveau se renseigner sur ce qu'avait bien

pu écrire ce curieux bonhomme dont on avait tout

oublié sauf son passé de résistant et de militant

puis de député socialiste : les commandes se mirent

à affluer en nombre suffisant pour justifier une

cinquième édition.

Et voilà.

Mais ici se posait un problème délicat : d'une

part, il n'était pas possible, après plus de dix ans,

de republier le Mensonge d'Ulysse sans tenir

compte des documents rendus publics depuis ; de

l'autre, en faire état, c'était le transformer en un

autre livre qui ne serait plus protégé par l'immunité

qui couvre la chose jugée et s'exposer à un

nouveau procès... que, à moins de faire jouer contre

nous ce pouvoir discrétionnaire dont le gouvernement

use si généreusement contre la presse,

nous eussions gagné comme l'autre, mais à quoi

bon se compliquer la vie ?

Nous avons donc décidé de publier en cinquième

édition Le Mensonge d'Ulysse tel qu'en lui-même

l'Eternité ne le changera jamais puis, à part, ce

petit livre exclusivement consacré aux documents

qui ont été rendus publics au cours de ces dix dernières

années.

Ai-je besoin de préciser qu'ils confirment au-delà

de tout espoir toutes les thèses que j'ai soutenues ?

Si on le jugeait nécessaire, il me suffirait de dire

que dans cette cinquième édition du Mensonge

d'Ulysse mise en vente en même temps qu'Ulysse

trahi par les siens aucune autre modification n'a

été apportée à la version originale que le ... pointvirgule

— c'était une coquille visible — si bruyamment

réclamé par M. Louis Martin-Chauffier.

On ne manquera pas de remarquer que si les circonstances

me servent, elles servent aussi le lecteur

: s'il possède déjà Le Mensonge d'Ulysse, il

s'en tirera au moindre prix.

Amateurs de reliure ne pas se presser : tous les

documents qui concernent cette affaire n'ont pas

encore été rendus publics et il y aura sûrement au

moins une autre suite.

Dans le même format. bien sûr.

Le ler septembre 1960.

P. R.

(1) « Les Français doivent savoir et doivent retenir que les mêmes erreurs ramènent les mêmes horreurs. Ils doivent rester avertis du caractère et des tares de leurs voisins d'Outre-Rhin, race de dominateurs et c'est pourquoi le no 43.652 a écrit ces lignes. Français soyez vigilants et n'oubliez jamais ! » ( « 16 mois de bagne » du Frère Birin des Ecoles chrétiennes d'Epernay, de son vrai nom Alfred Unterreiner). Cette excitation à la haine, on la retrouve, quoique le plus souvent dans une forme plus adroite, dans tous les livres qui ont été publiés sur les camps de concentration allemands.

(2) Naturellement, j'écrivis au Monde, mais, non moins naturellement, tout en reconnaissant que mes qualités de résistant et mon socialisme étaient de bon aloi, Le Monde ne publia de ma réponse que ce qui ne dérangeait pas les raisonnements de son rédacteur. Et il précisa que ce qui m'était reproché, c'était ma « collaboration avec un éditeur qui avait été jadis officier S.S. ». J'envoyai donc une seconde rectification pour dire, d'une part, que cela était faux — parce que c'était faux, — de l'autre que, même si c'était vrai, il s'agissait non d'une collaboration, mais de relations d'auteur à éditeur, du même genre que celles de M. Mendès-France avec son éditeur dont on sait — et là, c'est indiscutable ! — qu'il fut, sous l'occupation, celui de tous les auteurs du Pétainisme. Bienentendu, cette nouvelle rectification ne fut pas publiée. Ces méthodes me paraissant porter préjudice beaucoup plus à ceux qui les emploient qu'à ceux qui en sont victimes, je n'insistai pas. P. R.

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