LE MENSONGE D’ULYSSE
« Laissez dire ; laissez-vous blâmer,
condamner, emprisonner ; ce n’est pas un
droit, c’est un devoir. La vérité est toute à
tous... Parler est bien, écrire est mieux ;
imprimer est excellente chose Si votre
pensée est bonne, on en profite ; mauvaise,
on la corrige et l’on en profite encore. Mais
l’abus ? Sottise que ce mot ; ceux qui l’ont
inventé, ce sont eux vraiment qui abusent de
la presse, en imprimant ce qu’ils veulent,
trompant, calomniant et empêchant de
répondre. » Paul-Louis Courier.
« Écris comme si tu étais seul dans
l’Univers et que tu n’aies rien à craindre des
préjugés des hommes. » La Mettrie
À Albert LONDRES Hommage
posthume
et à JEAN-PAUL pour qu’il sache
que son père n’eut point de haine
Avec une grande abondance de détails et plus ou moins de bonheur ou de
talent, un certain nombre de témoins ont fait, depuis la Libération, le tableau des
horreurs des camps de concentration. II ne peut avoir échappé à l’opinion que
l’imagination du romancier, Les excès de lyrisme du poète, la partialité intéressée du
politicien ou les relents de haine de la victime, servent tour à tour ou de concert, de
toile de fond aux récits jusqu’ici publiés. J’ai pensé, pour ma part, que le moment
était venu d’expliquer ces horreurs avec la plume froide, désintéressée, objective, à la
fois impartiale et impitoyable, du chroniqueur — témoin, lui aussi, hélas ! —
uniquement préoccupé de rétablir la vérité à l’intention des historiens et des
sociologues de l’avenir.
P.R.
« Un livre bien écrit, et où l’esprit de vérité domine sans faiblir toute vaine imagination, tout faux lyrisme, la partialité politique et la haine. » (L’Européen)