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Décryptage, sans tapage, ni rage .

PHILIPPE HENRIOT - Député de la Gironde_ Le 6 février

Publié par Sax sur 26 Août 2012, 21:07pm

Catégories : #histoire

AVANT-PROPOS

« Bref, une soirée d’émeute. Une émeute préméditée, organisée — et des dégâts qui nous

reportent aux journées les plus rouges de 1919, sous Clemenceau.

« On ne reviendra pas nous parler, sans doute, d’une indignation populaire soulevée par le

scandale Stavisky. Au point où en sont les choses, il s’agit bel et bien, nul ne s’y trompe, d’un

coup de force fasciste dirigé contre le régime.

« Le régime s’est défendu. »

Ainsi ment cyniquement l’OEuvre, en son éditorial, au matin du 7 février.

Et si nous la citons au frontispice de ces pages, c’est que ce mensonge-là, c’est celui qui, amplifié,

enjolivé, perfectionné, va être répercuté pendant les jours suivants à travers la France par

les soins conjugués de la presse de gauche, d’une T. S. F. domestiquée, d’un cinéma mutilé, et que

ce concert magnifiquement orchestré par les Loges maçonniques, va s’efforcer désespérément

de couvrir la clameur d’indignation qui monte de la terre française.

6 Février !

Pas besoin de millésime.

La date restera telle, tragique et nue, dans nos annales nationales.

Mais ceux qui firent d’elle cette tache de sang sur les pages de l’histoire essaient, avec une

sorte d’entêtement farouche et borné, de donner le change.

Car ce sang les éclabousse et ils s’en épouvantent.

Ainsi lady Macbeth voulait effacer les traces de son crime et se désespérait : « Tous les parfums

de l’Arabie ne laveraient pas • cette petite main ».

Eux, parce qu’ils savent que rien ne les lavera de cette souillure, se font maquilleurs de cadavres,

montrent du doigt leurs victimes et tentent de les déshonorer en les dénonçant comme

les assassins.

Tout de suite le travail commence. Du travail bien fait, d’ailleurs.

6 février 1934. Paris. L'extrême-droite marche sur le Parlement: « L'abominable soirée d'émeute ! Ils étaient partis à l'assaut, résolus à ne s'arrêter qu'au Palais-Bourbon, coûte que coûte. Coûte que coûte ! Il y a eu des morts. Il y a eu des blessés, dont certains sont très grièvement atteints, de balles au ventre notamment. Car on a tiré. Qui ? Des gardes mobiles sont blessés, des gardiens de la paix aussi. Une centaine sont hospitalisés. Les manifestants, eux, ont écopé plus durement encore, puisqu'il y a des morts, trois à Beaujon, d'autres ailleurs. La funèbre liste n'est point close. Mais qui donc a tiré ? Des mitrailleuses ? Non. Quoi qu'on ait cru entendre. Pas de tacotis meurtriers, au moins jusqu'à 23 heures. Place de la Concorde, où les plus graves scènes d'émeute se sont produites, de 19 à 23 heures, ce sont des coups de revolver, partis des rangs tumultueux des manifestants, qui ont déclenché l'échange de coups de feu. Les gardes mobiles ont riposté par des salves à blanc. Ils n'avaient que des cartouches, pas de balles. Des gardiens de la paix, par contre, acculés, ont dégainé le revolver et tiré. » A deux doigts de la guerre civile, qui se développera en fait sous l'Occupation. Ici, le point de vue d'un publiciste, partisan de la droite, historiquement vaincue sur le terrain, en 1934 et plus encore en 1944. Comme les vaincus ont toujours tort -- Vae victis -- il convient de savoir ce qu'ils pensaient avant d'être écrasés.

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