AVERTISSEMENT DE L'AUTEUR
L'auteur s'était d'abord proposé d'élever au niveau des principes, le débat qui
prend pour thème l'expérience de M. Mendès-France et se poursuit au niveau de ses
intentions.
Puis il lui est apparu qu'un Essai sur le Pouvoir était une entreprise audacieuse :
sur ce sujet, de Platon à Karl Marx et de Montesquieu à Proudhon et Bakounine, tout
ou presque avait été dit déjà dans la forme du traité ou de l'essai, lorsque parut le
philosophe Alain qui l'épuisa au niveau de nos connaissances actuelles.
Il restait la compilation.
Mais, si les anthologies ont des mérites indiscutables, elles sont généralement assez
peu prisées des intellectuels et quant aux autres qui ne sont pas initiés, elles ne les
atteignent que très difficilement.
C'est à partir de ces considérations que l'auteur a choisi de faire une leçon de
choses et de parler de l'expérience de M. Mendès-France, au niveau de son histologie.
P.R.
Mâcon, Juin 1955
LE MOT DE LA FIN Si quelques rares hommes politiques ont protesté contre mes allégations, les banques mises en cause ont, par contre, pratiqué à mon égard, « de Conrart le silence prudent ». J'ai toutefois reçu d'un haut fonctionnaire de la Banque Worms une mise au point qui relevait 57 prétendues erreurs portant non sur des faits matériels, mais sur des interprétations. Il s'agissait du rôle que j'avais attribué à la Banque Worms dans le mouvement synarchique. On ne discute pas une interprétation de faits matériels : dans ce domaine, la voie est libre et c'est du choc des hypothèses que jaillira la lumière. Je renvoie donc aux « coïncidences » - la langue française est riche en euphémismes - pour le moins troublantes que j'ai établies sans contestation possible. Je veux cependant citer deux passages de cette mise au point qui, tout en récusant ma thèse la confirment dans l'essentiel : 1. J'avais écrit qu'au Maroc, Lemaigre-Dubreuil travaillait avec Worms, et voici ce que me dit mon correspondant : « Quant à Maroc-Presse, tout le monde sait que c'est le journal de Worms, de Lemaigre- Dubreuil et d'importants capitalistes… En conséquence, contrairement à ce que vous dites, etc. » 2. J'avais également écrit - et on le retrouve dans la présente brochure - que la Banque Worms avait eu des relations avec Igoin par le truchement de la Cie Métropolitaine et Coloniale notamment, et mon correspondant m'a dit : « Parce que Worms a introduit en Bourse la Compagnie métropolitaine et coloniale ? Mais, c'est toutes les Banques qui font cela, pour des affaires auxquelles elles ne portent aucun intérêt, etc. » Or, même en admettant que « c'est toutes les banques qui font cela », ce qui n'est pas exact, il n'en reste pas moins que le dénommé Igoin s'est adressé à la Banque Worms de préférence à toute autre.La lettre se terminait par ces mots : « Je vous mets en garde à ce sujet. Igoin est un espion et accuser les gens d'être en relation avec lui est très grave. » Voilà : c'est fait. On verra bien. Nice, le 10 mai 1956