AVANT-PROPOS
A la demande de quelques amis, j’ai improvisé ce
recueil de textes de et sur Norberto Ceresole, publié en
« samizdat », pour faire connaître aux lecteurs français la
pensée perspicace et courageuse de cet écrivain argentin
disparu en 2003. Traduite en russe, en arabe et en persan,
son oeuvre ne l’avait pas encore été en français. Pour
commencer, j’ai choisi deux textes courts, représentatifs de
sa pensée et de son action politiques : sa « Lettre ouverte à
mes amis iraniens » (1995) et l’un de ses derniers textes :
« A propos du Président Chávez : Un chemin erroné est
toujours un chemin sans retour » (2002-2003).
Je les ai fait suivre de quelques documents en
annexe, qui doivent être pris pour ce qu’ils sont : sa
biographie sur Wikipedia, la célèbre encyclopédie sur
internet, interactive et « politiquement correcte » (je précise
que je n’ai aucun lien avec cet article, ne l’ayant ni inspiré ni
écrit) et un article de jdl.org donnant le point de vue
« sioniste » sur les attentats juifs anti-juifs en Argentine.
Avec le moraliste colombien Nicolás Gómez Dávila
(1913-1994), Ceresole est certainement l’un des penseurs
les plus honnêtes de notre temps, et la chose intéressante
est qu’ils appartiennent tous les deux au monde hispanoaméricain.
Issu de la gauche, Ceresole a parcouru un long
chemin pour aboutir à ses conclusions politiques. Le virage
majeur a été sans nul doute sa découverte du révisionnisme.
Il est toutefois resté fidèle à ce qu’il était au départ : un
révolutionnaire, convaincu que la révolution est la
libération d’un peuple opprimé par une tyrannie.
En cela, il ressemble à tous les idéalistes sudaméricains,
nés dans le système républicain - dans ce
monde bouillonnant, conformiste, contradictoire et
artificiel de l’Amérique latine, si différent de l’Europe- créé
par Bolivar à l’image de la France révolutionnaire, et qui
trouvent cela naturel car, pour une raison ou une autre, ils
n’en voient pas l’origine judéo-gnostique et franc-maçonne.
La pseudo-libération des peuples par Bolivar n’a conduit
qu’à les soustraire de la protection des Rois chrétiens
d’Espagne trop lointains pour les placer sous la domination
d’une oligarchie méprisante, d’abord l’aristocratie créole
puis la ploutocratie franc-maçonne et sioniste aux ordres
des Etats-Unis d’Amérique.
Ceci explique pourquoi il n’existe pas, en Amérique
latine, de pensée politique monarchiste comme en France,
en Espagne et en Russie, même au Pérou où l’on a assisté,
ces dernières années, à la montée d’une opposition
nationaliste « indigéniste » de gauche (c'est-à-dire fasciste)
s’inspirant de l’héritage des Incas, mais en réalité contrôlée
par le pouvoir judéo-américain. Le marxisme et le
socialisme restent les seules doctrines de l’opposition au
« système officiel »., avec les stratagèmes démocratiques du
puissant et subtil Soros,.
Le paradoxe et l’originalité de Ceresole, c’est que
tout en restant fidèle à la Révolution (au sens peut-être
d’ « insurrection » comme l’entendait Bonald1), il méprise la
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1 « Dans une société en révolution, le défaut, ou, pour parler plus exactement, l’absence de pouvoir légitime, constitue tout homme qui en reconnaît l’autorité Ministre du pouvoir pour combattre l’erreur par ses écrits, et même la tyrannie par les armes, dès qu’il peut le faire avec probabilité de succès. C’était à tous de conserver la
gauche et la démagogie (« populisme ») et dénonce les vrais
tyrans, qui sont des tyrans historiques : les Juifs « éternels
assassins du Christ »2 et particulièrement les sionistes.
C’est que sa pensée et sa vie aventureuse ont été
guidés par des principes : l’amour de la patrie, le respect du
peuple, la défense des faibles, la recherche de la vérité et le
sens du sacrifice. Ces principes et ces vertus, auxquels il
faut rajouter la modestie, font partie du christianisme.
C’est pourquoi la vie de Norberto Ceresole semble
avoir été un cheminement non pas vers mais autour de la foi
chrétienne, une foi ignorée de lui-même, à l’image d’une
nappe phréatique cachée sous terre, à ses pieds, invisible,
d’où provient la source des pensées et des actions que
n’illumine pas encore la présence éclatante, rayonnante de
N.-S. Jésus-Christ .
Occulté soigneusement par les médias nationalistes
et catholiques français (à l’exception très limitée de Rivarol
qui publia en 2008 un entrefilet où apparaissait son nom à
propos de l’anti-sémitisme supposé du Président Hugo
Chávez) nul doute que le nom de Ceresole fera hurler les
chrétiens sionistes qui collaborent à la propagande judéoaméricaine,
jusque dans la Tradition catholique.
Son concept d’ « Intelligence stratégique », qu’il
souhaitait mettre au service du Vénézuela puis de l’Iran, est
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société, c’est à chacun à la rétablir. D’ailleurs, l’homme qui combat pour la vérité est défend par elle, et il a pour lui ce qu’il y a de plusfort au monde. Les partisans des bonnes et vieilles maximes remplissent donc les plus saint des devoirs en restant en insurrection permanente, au moins de pensées et d’actions privées, contre ce que les tyrans et leurs esclaves appellent la loi, et qui n’est autre chose que des opinions absurdes, ou atroces, qu’un petit nombre d’hommes pervers a imposées à un grand nombre d’hommes faibles ». Louis, vicomte de Bonald, Du pouvoir et du devoir dans la société.
2 St Augustin, La Cité de Dieu.
un concept dynamique tourné vers l’action à un niveau
global. C’est la connaissance générale de la situation sociopolitique
mondiale associée à un choix stratégique des
alliances. Le but : la défense de la patrie, et au-delà, la
défense des opprimés contre les tyrans :
« Pour moi il est absolument clair que la
récupération de la souveraineté et de la dignité
nationales de l’Argentine passent par la
destruction de la stratégie globale qui sert
uniquement les intérêts d’un Etat juif qui, chaque
jour qui passe, est plus ouvertement terroriste et
fondamentaliste (national-messianique) ». (Lettre
ouverte à mes amis iraniens).
Ce qui vaut pour l’Argentine vaut pour n’importe
quel pays, peuple ou nation et notamment pour la France,
où le combat pour la récupération de la souveraineté est
encore plus difficile car la nature physique, morale,
intellectuelle et sociale du peuple français a été
profondément modifiée et que son histoire révolutionnaire,
son État républicain et son oligarchie sont justement l’un
des principaux moteurs de cette « stratégie globale ».
Ceresole n’a pas choisi d’être un journaliste, un
universitaire ou un « agent d’influence » comme d’autres,
mais un stratège. Il s’est donc mis au service de toutes les
organisations politiques argentines ou étrangères, de tous
les Etats et des toutes les causes qui paraissaient poursuivre
le même objectif que lui : « la destruction de la stratégie
globale qui sert uniquement les intérêts d’un État juif
terroriste et national-messianique ».
Les déceptions qu’il a connues, comme avec le
président du Vénézuela Hugo Chávez, n’ont fait que le
rendre encore plus lucide :
« Chávez n’a jamais compris le sens de
mon combat. Dans les derniers temps, il a
empêché que cela puisse être répété face à face.
Pour autant, je recommencerai à le dire,
aujourd’hui publiquement, avec les paroles
d’Ernst Jünger : « Quand les êtres humains
combattent à des niveaux spirituels, ils
incorporent la mort à leur stratégie. Ils acquièrent
ainsi une sorte d’invulnérabilité ; de là ils ne sont
guère effrayés par le fait que l’ennemi puisse les
priver de leur corps… L’ennemi sent ceci à sa
manière obtuse, et de là sa colère terrible,
dévastatrice, dans les lieux où il rencontre l’esprit
authentique » (Radiations, Journal de la Deuxième
Guerre Mondiale, Vol. 1) ».3
Cette dimension eschatologique donne la mesure
véritable de ce qu’a été Norberto Ceresole, un honnête
homme qui a voulu mettre au service des autres et du bien
commun, son intelligence et son expérience.
Béthune (août 2008
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3 Norberto Ceresole : «A propos du Président Chávez : un chemin erroné est toujours un chemin sans retour