L'ouvrage est un recueil d'articles rédigés par Robert Faurisson depuis le début de son Affaire -- au milieu des années 70 -- jusqu'en 1998. Quatre volumes et 1996 pages retracent en un même temps le combat de l'auteur pour faire connaître ses recherches historiques sur les chambres à gaz des camps de concentration nazis et les principaux développements et conclusions des recherches en question. Aspects politiques et historiques sont intimement liés, puisque ce livre nous renseigne autant sur le système concentrationnaire allemand que sur la répression de la liberté d'expression qui s'exerce en France et dans d'autres démocraties occidentales sous de multiples formes: répression judiciaire; pressions de la classe politique; censure et intoxication médiatiques; violence verbales et physiques répétées; silence, auto-censure et passivité de la part des universitaires dont la responsabilité scientifique est engagée.
Le premier tome contient les écrits relatifs à la période 1974-1983 ainsi qu'une introduction générale à l'ouvrage, qui permet de relier une quantité d'articles disparates dans une perspective d'ensemble. (472 p.).
Rappelons-en les grandes lignes: le but recherché par l'auteur est d'exposer sereinement l'ensemble de ses thèses relatives à la question des chambres à gaz homicides et du génocide des juifs, alors même que l'avalanche de procès dont il fut la cible -- ou dans lesquels il prit la défense d'autres révisionnistes -- ne lui avait pas permis jusqu'alors "de rédiger l'exposé démonstratif qu'on était en droit d'attendre d'un universitaire qui, pendant de longues années, aura consacré ses recherches à un point et un seul de l'histoire de la seconde guerre mondiale l'"Holocauste" ou la Schoah".
Rappelons-en la méthode: le révisionnisme historique, qui "ne nie pas mais vise à affirmer avec plus d'exactitude". "Les révisionnistes ne sont pas des "négateurs" ou des "négationnistes "; ils s'efforcent de chercher et de trouver là où, paraît-il, il n'y avait plus rien à rechercher ni à trouver". Le révisionniste "cherche à démêler le vrai d'avec le faux. L'histoire est, par essence, révisionniste; l'idéologie est son ennemie. Comme l'idéologie n'est jamais aussi forte qu'en temps de guerre ou de conflit, et comme elle fabrique alors du faux à profusion pour les nécessités de sa propagande, l'historien sera, en la circonstance, conduit à redoubler de vigilance: passant au crible de l'examen ce qu'on a pu lui asséner de "vérités", il s'apercevra sans doute que, là où une guerre a provoqué des dizaines de millions de victimes, la première des victimes aura été la vérité vérifiable: une vérité qu'il s'agira de rechercher et de rétablir. L'histoire officielle de la seconde guerre contient un peu de vrai combiné avec beaucoup de faux".
Rappelons la position de thèse de Robert Faurisson: sa principale contribution au révisionnisme est d'avoir formulé "l'argument physico-chimique, c'est-à-dire les raisons physiques et chimiques pour lesquelles les prétendues chambres à gaz nazies étaient tout simplement inconcevables". A partir du développement de cet argument et de l'analyse de l'ensemble du dossier, il propose un certain nombre de conclusions: les Allemands ont effectivement fabriqué des camions fonctionnant au gaz (Gaswagen) mais n'ont jamais fabriqué de camions homicides; les Allemands ont effectivement employé du Zyklon pour la désinsectisation des camps mais ils n'ont jamais utilisé ce produit pour tuer qui que ce soit, encore moins pour opérer des meurtres de masse; la "solution finale de la question juive" envisagée par les Allemands était territoriale et non pas homicide: "Il s'agissait de pousser ou, si nécessaire, de forcer les juifs à quitter l'Allemagne et sa sphère d'influence en Europe pour établir, en accord avec les sionistes, un foyer national juif, à Madagascar ou ailleurs". C'est précisément le sens de la réunion de Wannsee du 20 janvier 1942 où la déportation des juifs fut envisagée; les camps de concentration possédaient des fours crématoires pour l'incinération des cadavres aux fins de mieux combattre les épidémies et non d'incinérer des êtres vivants. Si les juifs ont effectivement connu "les souffrances de la guerre, de l'internement, de la déportation, des camps de rétention, des camps de concentration, des camps de travail forcé, des ghettos, des épidémies, des exécutions sommaires pour toutes sortes de raisons", "il est également vrai que toute ces souffrances ont été le lot de bien d'autres nations ou communautés pendant la guerre et, en particulier, des Allemands et de leurs alliés" à tel point que "les souffrances des vaincus pendant la guerre et après la guerre ont été, en nombre et en qualité, pires que celles des juifs et des vainqueurs, surtout pour ce qui est des déportations; il n'a jamais existé "un ordre quelconque de Hitler ou de l'un de ses proches d'exterminer les juifs; le chiffre probable de victimes juives et non juives pour toute la durée de l'existence du complexe d'Auschwitz est de 150.000 personnes, mortes principalement d'épidémies. Le chiffre total des victimes juives du nazisme n'a jamais été calculé scientifiquement alors qu'il pourrait l'être, si certaines sources officielles (allemandes, polonaises, russes, israéliennes) étaient d'accès libre. En tout hypothèse, ce chiffre reste de beaucoup inférieur aux supputations des historiens officiels. On sait que "d'après une estimation du statisticien suédois Carl O. Nordling, à qui [Robert Faurisson a] soumis [une] évaluation du gouvernement israélien [environ 900.000 survivants de l'Holocauste encore vivants], il est possible, à partir de l'existence de [ces] neuf cent mille "survivants" en 1997, de conclure à l'existence, en 1945, d'un peu plus de trois millions de "survivants" au sortir de la guerre". Le calcul des victimes reste donc à établir.
Cette position de thèse vient étayer ou explique une conception globale de la seconde guerre mondiale également révisionniste quant aux responsabilités du déclenchement de la guerre et quant aux torts imputés à tel ou tel peuple, en particulier la prétendue barbarie des vaincus versus la prétendue vertu des vainqueurs, mythe institutionnalisé par le procès de Nuremberg. Et de rappeler qu'"il est pourtant facile de démontrer, preuves à l'appui, que les vainqueurs ont, en six années de guerre et en quelques années de l'après-guerre, accumulé plus d'horreur que les vaincus en fait de massacres de prisonniers de guerre, de massacres de populations civiles, de déportations gigantesques, de pillages systématiques et d'exécutions sommaires ou judiciaires". Du reste, aucune juridiction internationale n'a jamais rendu compte de ces faits. Il y a là une façon de faire deux poids deux mesures singulièrement inacceptable. D'autant plus inacceptable lorsque l'on sait le rôle de la propagande de guerre Alliée dans la diffusion du mythe de l'extermination des juifs, relayées par les organisations juives qui imposèrent par la suite le credo de "l'Holocauste".
L'introduction s'achève sur une proposition de stratégie révisionniste qui tient en une phrase: "pour un révisionnisme sans complexe". "Une bien longue expérience du combat révisionniste me donne à penser que la meilleure stratégie, la meilleure tactique peuvent consister en une succession d'attaques frontales; l'adversaire ne s'y attendait pas; il s'imaginait qu'on n'aurait jamais l'audace de le défier ainsi il découvre qu'il ne fait plus peur; il est décontenancé". Et ce quand bien même la répression contre les révisionniste s'aggrave, en vertu d'un devoir de résistance: "quelles que puissent être les tempêtes et les vicissitudes présents ou à venir, l'historien révisionniste doit maintenir le cap". "De cette manière, sans même l'avoir voulu, il rendra justice aux vraies souffrances de toutes les victimes de la seconde guerre mondiale "
Le second tome réunit les écrits relatifs à la période 1984-1989 (p. 473 à 935), le troisième ceux de la période 1990-1992 (p. 937 à 1474), le quatrième et dernier tome ceux de la période 1993-1998 (p. 1475 à 1996). En outre, il contient un index des ouvrages cités (pp. 1897-1942) et un index général des noms (p. 1943-1980) ainsi qu'une table des matières générales (p. 1981-1996).
Et la méthode paye. La démarche est simple et logique. Si l'historiographie classique affirme l'existence de chambres à gaz homicides, elle doit pouvoir en fournir des preuves historiques. Examinons donc les preuves fournies par ces historiens ou par les tribunaux qui furent chargés d'établir les faits. L'auteur examine les sources officielles mais ne trouve aucune preuve. Mieux, il va chercher lui-même d'autres sources laissées en friche par les historiens officiels mais revient bredouille, sans preuves. C'est donc que le fait n'est même pas établi dans la version officielle. Les témoignages -- qui ne sont nullement des preuves historiques mais des matériaux, des sources qui doivent être pris en compte et faire l'objet de recoupements -- sont examinés par l'auteur et s'avèrent tour à tour faux, rédigés sous la torture, invraisemblables, réécrits, contradictoires ou infirmant la thèse de l'existence de chambre à gaz homicide. Dès lors, la thèse classique de l'extermination massive des juifs et des tziganes au moyen de chambres à gaz homicides paraît caduque, puisque tous les éléments apportés jusqu'à présent par l'historiographie classique le sont eux-mêmes.
Mais le summum de la démonstration réside dans les fameux arguments techniques de Faurisson, arguments auxquels les historiens officiels n'ont pas su répondre à ce jour. A partir de l'observation des chambres à gaz homicides américaines qui servent pour la peine capitale, Faurisson recense un certain nombre d'impératifs techniques nécessaires au gazage et transpose ces impératifs techniques au contexte des chambres à gaz des camps de concentration nazis. Les conclusions de ces investigations sont l'impossibilité technique de l'emploi de cet instrument pour un meurtre de masse. Après la première démonstration de Paul Rassinier qui s'appuyait sur les mensonges ou les exagérations de certains témoignages de rescapés des camps (cf. Le Mensonge d'Ulysse) et sur les statistiques de la déportation (cf. Le Drame des juifs européens), Robert Faurisson nous livre donc la synthèse de ce qui restera comme l'argument physico-chimique.
· On retiendra entre autres choses de ce recueil les réactions d'historiens français reconnus dans leur profession aux travaux révisionnistes de Robert Faurisson. Ainsi, on n'oubliera pas que Jean Tulard, spécialiste de la Révolution française, a reconnu le sérieux des recherches de Faurisson, de même que l'historien René Rémond, spécialiste de l'histoire de la Seconde guerre mondiale, bien qu'il se soit rétracté par peur de s'afficher pro-révisionniste dans un contexte de chasse aux sorcières.
Il y a aussi les intempestifs, qui jugent et condamnent sans connaître, d'autorité: la déclaration des 34 historiens, à cet égard, est édifiante. Il y a encore ceux qui, devant les contradictions insoutenables de la thèse officielle mise à l'index par les révisionnistes, doivent assumer les reculades de l'ensemble de la profession, souvent dans la plus grande mauvaise foi, sans bien sûr jamais mentionner les travaux révisionnistes: François Furet et Raymond Aron admettent qu'il n'existe pas d'ordre d'extermination des juifs lors du colloque de la Sorbonne en 1982; Jacques Baynac découvre à contrecoeur qu'il n'existe aucune preuve de l'existence des chambres à gaz en 1996, etc...
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