Nous vivons une seconde Épuration.
En France, tandis que le « collabo » se trouve à nouveau pourchassé, toute
velléité de résistance aux idées en cours sur « les droits de l'homme » et « la Mémoire
» (sélective) est dénoncée par les médias et les ligues, condamnée par des
lois spéciales et durement sanctionnée par les juges. La police de la pensée est à
la fête. Sa cible d'élection : le révisionnisme historique.
En 1986, Pierre Vidal-Naquet, Serge Klarsfeld et François Bédarida, réunis autour
du grand rabbin René-Samuel Sirat, préconisent une loi spéciale contre le
révisionnisme. Ce sera, en 1990, la loi Fabius-Gayssot. Depuis la publication de
cette loi, aucun chercheur, aucun historien, aucun savant ne peut plus contester
le jugement de Nuremberg. Ce qu'en 1946 les juges de Nuremberg, au terme
d'une mascarade judiciaire, avaient énoncé - sans le prouver - sur la « politique
d'extermination des Juifs », sur les « chambres à gaz » homicides et sur les « six
millions » est soudain devenu en 1990 une vérité historique définitivement intouchable !
Peine perdue. En France comme à l'étranger, le révisionnisme se développe.
Certains pensent qu'il faut persister à censurer, châtier, réprimer. D'autres estiment
qu'il faut servir le droit, la liberté, ainsi qu'une mémoire non sélective.
Pour ces derniers, la France doit en finir avec les horreurs de l'Épuration, les
mensonges de Nuremberg et l'esprit de guerre civile.
Le dogme légal né de la loi Fabius-Gayssot constitue une impudente innovation
où s'annonce peut-être le crépuscule du droit.
Éric Delcroix est né en Normandie en 1944. Avocat au barreau de Paris, il s'est acquis une notoriété dans l'étude des infractions de presse. Ses courageuses prises de position en faveur de la liberté d'expression l'ont amené à devenir le conseil d'un certain nombre d'organes de presse et à présenter, devant les tribunaux, dans des conditions parfois périlleuses, la défense de nombreux révisionnistes, à commencer, dès 1979, par celle du professeur Faurisson.